Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 09:08

AlpsMan, mon 1er triathlon XXL

1er octobre 2016, 5h55 : avec 126 autres triathlètes, je m’avance doucement vers la porte de sortie de "La Libellule", le bateau qui nous a emmenés en plein milieu du Lac d’Annecy pour le départ de l’AlpsMan  un triathlon XXL plutôt extrême : 3,8 km de natation de nuit, 180 km de vélo dans les Alpes avec 4400m de dénivelé et pour finir un marathon original avec un point de passage au 27ème km où seuls ceux qui passent avant 18h peuvent être "top finisher" en haut du Semnoz à 1700m d’altitude après un trail nocturne de 15 km. Les autres concurrents finissant au bord du lac.

Mes derniers pas sur ce bateau sont rythmés par la diffusion musicale de « Requiem for a dream ». Les spectateurs présents nous font une haie d’honneur. Tous leurs smartphones sont braqués sur nous. Je reçois des tapes dans le dos, je check des mains inconnues, j’entends « Bon courage ! La journée va être longue… ». Gloups !

Cette marche vers la sortie me semble interminable mais je la savoure. J’ai des frissons sous la combinaison. Ca fuse dans ma tête. En 2016, je voulais faire mon 1er format XXL, je n’en ferais peut-être qu’un seul dans ma vie de triathlète, alors j’avais choisi d’en faire un dur, un beau, un mythique : Embrun. Mais hélas j’ai dû abandonner au 17ème km de la course à pied, épuisé sous la chaleur. Et si cela se reproduisait aujourd’hui ?... Est-ce que je suis vraiment prêt? Aurais-je dû faire plus de sorties vélo longues ? Est-ce qu’il y aura des bananes aux ravitos ? (important les bananes !)

Natation : 3,8 km de nuit

J’ajuste mon bonnet et mes lunettes pour la dixième fois. Un dernier pas sur le ponton du bateau et plouf ! On saute un par un. L’eau est très bonne 20 degrés, je nage 50m pour rejoindre la ligne de départ.

AlpsMan, mon 1er triathlon XXL ( par Stéphane Verrier )

 

 

Vers 6h00, Nous sommes tous alignés. Personne ne voit la 1ère bouée lumineuse, impossible à la distinguer avec les lueurs de la ville. Normal elle est placée à 1 km. Je ne m’affole pas, ma stratégie est simple : je vais nager vite pour suivre le kayak de tête. La corne du bateau donne le départ. Je pars donc à bloc dans le noir. "T’es ouf" Stéphane c’est beaucoup trop vite… !!! je sais mais là je suis juste derrière le kayak ouvreur et sa petite lampe frontale rouge. Je suis en tête et je ne veux pas me retrouver dans le noir complet alors tant pis si je dois y laisser quelques plumes je nage comme pour un 1500m !...

( à noter que dans le film de cette première édition en bas de cet article, on y voit Stéphane en pleine action pendant la natation ( aller à 1mn 57 exactement du film )  

Zamora me dépasse d’ailleurs vers le 1500m. Il s’éloigne doucement et embarque avec lui la lampe frontale du kayakiste ouvreur. Je tiens bon jusqu’à la 3ème bouée, le jour se lève. Un bénévole sur un bateau, m’indique qu’il faut viser les 2 lumières sur la plage. Je trouve le temps long et les 800 derniers mètres se font avec de la houle défavorable. A 100m de la plage. Bing ! un triathlète me percute par la gauche, puis un autre. « Mais vous sortez d’où ? ». J’apprendrai bien plus tard qu’une quarantaine de triathlètes ont involontairement coupé à la 2ème bouée. Moi qui pouvais sortir 3ème, je sors déçu et agacé vers la 20ème place.

Sous la tente de transition, certains s’énervent, d’autres ont le sourire. On voit tout de suite ceux qui ont coupé. Ils écoperont quand même de 20 minutes de pénalité à la fin de la course. Je reste concentré... Je prends mon temps pour m’habiller chaudement. Un cuissard sec, un t-shirt, un maillot cycliste, un coupe-vent manches courtes, les manchettes…. 8 minutes pour me changer ! J’en vois partir juste en tri fonction. Euh les gars au Semnoz il fait 7, 8 degrés et il va pleuvoir !

C’est mon 1er XXL, j’ai passé des heures la veille à préparer mes 7 sacs de ravitaillement perso que je retrouverai tout le long des parcours vélo, course et trail. J’ai écouté tous les conseils de mes amis du TCT. J’ai bien compris que ce genre de course se joue bien sûr à l’entraînement mais aussi sur le choix de l’équipement et l’alimentation en course. Céline, mon amie, est bien là, elle aussi étonnée de voir autant de concurrents devant moi. Un bisou et go pour 180 km !

Vélo : 180 km avec 4400m de dénivelé.

Le parcours vélo est composé de 5cols. Le Semnoz sera le 1er col à franchir avec ses 29 km d’ascension. Dès le début, Je regrette de ne pas avoir un 34 dents, le 36*28 est peut-être un peu juste. Une chose que je ne regrette pas ce sont mes pneux 25mm et mes freins à disque. Vitesse max !... 

... 83 kmh/h dans la longue descente du Semnoz. Je reprends beaucoup de concurrents dans les descentes. Vient ensuite l’enchainement Col de Plainpalais et Col des Prés à faire 2 fois. Je m’arrête à chaque ravitaillement perso pour prendre mes 2 bidons déjà prêts et manger mes pains de mie-jambon et quelques morceaux de bananes ! Le Col des Prés fait mal aux jambes surtout la deuxième fois. En plus, il commence à pleuvoir, je suis trempé, il reste pourtant une bonne cinquantaine de kilomètres à faire ! Les gars partis en tri fonction sont arrêtés aux ravitaillements sous des couvertures de survie. A ce moment de la course il faut rester concentré sur le vélo… ne pas crever, ne pas penser au marathon, continuer à boire à manger, à rouler pour rejoindre le parc à vélo et me réchauffer.

AlpsMan, mon 1er triathlon XXL ( par Stéphane Verrier )

 

Je pose le vélo en 7h50, entre la 15ème et la 20ème place, je ne sais pas trop ?... Sous la tente de changement, il y a un gars qui claque des dents, il ne veut pas repartir mais on l’encourage tous pour se réchauffer et courir.

Course à pied : 42 km composés de 27 km plutôt plats et 15 km de trail nocturne avec 1500m de dénivelé.

Dès la sortie de la tente, j’aperçois le parapluie rouge et blanc de Céline, on échange quelques mots et des bisous trempés avant de partir à l’assaut de ces 27 premiers kilomètres. J’ai beau regardé ma montre, impossible de calculer quoique ce soit, je n’ai aucune idée si je suis dans les temps pour monter au Semnoz. Bref, peu importe, je cours !... Je dois faire 3 tours de 8 km et demi pour atteindre « le tournant » avant 18h. Je me cale à 12 km/h et j‘arrive à boucler le 1 premier tour assez facilement à ma grande surprise. La pluie a légèrement cessé. Au deuxième tour, Céline est confiante pour le tournant, elle m’apprend que la barrière horaire a été repoussée à 18h10. En fait, je ne suis toujours pas capable de calculer. Je "beug" ! elle me dit souriante « tu vas monter ! », je lui réponds que « nan je ne veux pas monter ! », elle réplique « que si tu vas monter ! Tu n’as pas fait tout ça pour rien ». Dans ma tête, j’appréhende surtout le 17ème km, là où j’ai arrêté à Embrun… Finalement, le 17ème km passe comme les autres, et je boucle les 20 km en 1h53. Un spectateur qui a un chrono dans la main m’annonce que je suis "easy", « il te reste 1h pour faire 7 km et rejoindre le tournant, tu vas monter gars ! ». P’tain je vais monter ! Euphorique, je me relâche et bâcle le 3ème tour en courant à 9 km/h, là je perds beaucoup de places !...

AlpsMan, mon 1er triathlon XXL ( par Stéphane Verrier )

 

Epilogue : Trail de 15km !... 

Il est 17h58 et j’arrive enfin à ce fameux tournant. J’arrive en même temps que Dany le triathlète qui a fait les 9 XXL de France cette année. Un gars super ! Céline est là, toujours souriante après toutes ces heures à attendre sous la pluie, je lui dis de prendre son temps pour monter au Semnoz ! Je vais savourer. Les chaussures de trail aux pieds et la frontale à la main je pars innocemment à l’assaut de ce Semnoz, mon 1er trail nocturne. Je cours encore 5 kilomètres pour rejoindre le dernier ravitaillement perso et récupérer ma veste chaude. Rétrospectivement, je suis bien content de ne pas avoir repéré cette montée. Les 10 derniers kilomètres se feront en marchant, de toutes façons il est quasi impossible de courir avec ces pourcentages. Je fais la montée avec Franck un triathlète du CRV Lyon, on discute et on s’encourage et on fait un apéro chips coca à chaque ravitaillement. 3h30 de montée à travers la forêt. A 200m de l’arrivée j’aperçois Céline « ça va pas trop froid ? Désolé j’ai trainé !... Moi, je vais trop bien ! Je l’ai fait ! ». Un peu plus haut encore, je franchis la ligne d’arrivée 28ème en 15h20, 6h08 pour mon 1er marathon, je peux sûrement mieux faire mais on s’en fout ! Quel final ! . Je reçois mon T-shirt noir de finisher des mains de l’organisateur. Nous serons 34 à être montés, les autres concurrents ayant terminé la course sur les bords du Lac d’Annecy.

Je suis limite content de ne pas voir terminé Embrun cette année et d’avoir rebondi sur cette belle course qui restera à jamais comme l’un de mes plus beaux souvenirs sportifs !...

Merci aux organisateurs pour leur énergie et cette belle première édition ! Merci aux bénévoles attentionnés et motivés ! Merci à mes amis du Triathlon Club de Torcy pour tous leurs conseils avisés et un grand "Merci" à Celine, mon atout logistique et surtout moral, qui m’a soutenue et encouragée tout au long de la course.

 

                                                         Stéphane

Partager cet article

Repost 0
Published by JML54
commenter cet article

commentaires