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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 13:12
photos-victor-1.jpgVictor qui nous offre en plus un magnifique récit de sa course !...
 
Embrunman 2014
 
5h30 : Entrée dans le parc, il fait frais ! vivement qu’on enfile les combis pour se réchauffer.
Nb : Désolé pour les 2 paragraphes qui vont suivre, ça commence fort ! Âmes sensibles s’abstenir !! Cela fait part entière de mon état avant le départ, c’est pour cela que j’ai jugé utile de vous les raconter !
5h45 : Le vélo est prêt, tout est OK sauf un passage impératif aux toilettes !! Les arbitres ne veulent pas me laisser sortir pour faire mes affaires dans la nature, je suis contraint à faire la queue pour les WC du parc, le temps presse le départ féminin est donné, un moment de stress, mais bon je ne suis pas loin du départ. Attention, j’attaque dans le trash ! Un WC se libère, le mec sort dégoûté, il nous dit que le chiot est mort ! Plus le temps de réfléchir, j’y entre, on ne va pas se laisser impressionner : en effet, à l’intérieur, une douce odeur et le WC est rempli d’une belle montagne ! Si près du but je ne me dégonfle pas et ajoute ma pierre à l’édifice ! photos-victor-2.jpg
 
5h55 : Je sors soulagé, je ferme la combi et hop au départ, je cherche les torcéens en vain, ce n’est pas grave, je me faufile, me place bien et suis dans ma course. Je me rappel il y a deux ans avoir eu du mal à vidanger en nageant, dur dur, j’en profite pour me réchauffer les jambes !! Je me dis que je suis un gros dégueu mais bon après ce que je viens de vivre dans les WC, je ne suis plus à ça près !!
 
 
6h00 : Départ, c’est parti, le stress retombe d’un coup. Je me concentre pour gérer mon espace de nage en évitant les coups, j’attends le jour, je contrôle un peu ma direction, quelques passage dans les algues amusant dans le noir, faut pas réfléchir et avancer.
6h20 : Passé les 1000m, ça se dégage aussi bien dans l’eau que dans le ciel, les bras tournent bien, j’ai plus de place, je suis chaud. La visibilité n’est pas très bonne, j’ai du mal à distinguer si c’est de la buée ou si c’est les 50cm de brume au-dessus du lac, je fais avec et j’arrive tout de même à discerner les bouées au loin. Je vise des pieds devant moi, je me cache, déboite et double ! Et ainsi de suite, je répète l’opération jusqu’à l’arrivée ! Germain et Thomas me voient, moi non… je suis à fond je me dis que mes bras ne me serviront pas pour la suite, j’envoie ! 3.jpg
7h08 : Sortie de l’eau, un thé chaud, une compote et hop transition éclair ! En partant, je passe devant le regroupement Torcy, j’aperçois Thomas et Germain qui ont l’air étonné de me voir déjà partir, faut dire qu’eux ils sont cool ! Thomas est tranquille, à poil sous sa serviette de plage… des vrais vacanciers ! Manque plus que le tarot !
4.jpg7h15 Km1 : En route pour le vélo, premiers encouragements, ça fait du bien, mais restons concentrés ça va être long… ça monte, ça réchauffe ! Les premières descentes à l’ombre sont fraiches, je ne me couvre pas pour autant, ça devrai se réchauffer. Je mange et bois beaucoup direct, le ventre gargouille… j’ai peur pour la suite, les barres ont du mal à passer… c’est supportable mais inquiétant. Je suis contraint à adapter et revoir à la baisse mon plan d’alimentation, je mange dès que j’ai une phase d’accalmie, il faut trouver l’équilibre entre l’overdose et fringale.
 
Savines Km35 : Première pause pipi, je cherche Thomas derrière… personnes. Déçu de m’être arrêté si tôt, je reprends ma route. Mais bon je me dis que c’est bon signe, je suis bien hydraté ! 5.jpg 
Embrun Km 40 : Passage dans la foule et les encouragements, je n’entends pas grand-chose, je suis concentré, mon ventre me fait peur…
Guillestre km 65: Sylvaine m’encourage sur le bas-côté puis deuxième pause pipi, super bien hydraté !! Toujours personne derrière, on y retourne !
Le Guil km 75: Germain arrive, on roule un bout ensemble, on discute, c’est sympa ! Un arbitre nous rappel à l’ordre gentiment, il faut respecter les 7m ! On attend tranquillement le pied du col…
 
 
6.jpgKm 84 : Jusqu’ici j’ai vraiment roulé tout doux, à l’arrivée au pied de l’Izoard, j’appuis un peu quand même… je perds Germain ! Super montée super sensations, je double et redouble  entre 10 et 13 à l’heure. Déjà la casse déserte, c’est passé très vite !
Izoard 11h30 Km98 : Arrivé en haut, ravito, je refais rapidement le plein, une compote, re-pause pipi et on descend, je mangerai sur la route. Je fais le choix de ne pas me couvrir, il fait frais pendant 10 km mais ça passe.
Briançon Km120 : Je mange mes sandwichs, je n’ai pas vraiment faim, mais ça passe bien. Retour en monde économie en attente du Palon.
Palon km 135 : J’avais le souvenir d’un vrai mur…  quand soudain, je passe le panneau Palon, je me dis mince c’est déjà fini !! je ne m’en suis même pas rendu compte ! Tant mieux, on continu…
Les crêtes le retour km160 : ça sent bon le retour ! Dernière heure de vélo, je remange un peu, dans la limite de ce que je peux avaler. 7.jpg
Embrun le retour km 175: Au pied d’Embrun, je suis bien, Nono m’encourage, puis Mathilde et un speaker au mégaphone qui reprend à fond son traditionnel « allé bébé » ! Je suis bien, je lance un sprint pour le fun ! A FOND !!!
Chalvet km 180: Montée doucement mais surement, je reste concentré pour la descente, il faut faire attention… Ce n’est pas le moment d’aller à la faute.
 
 
8.jpg14h27 Parc à Vélo : Quand je vois l’heure, et le peu de vélo dans le parc, je me dis que je suis bien placé, en effet, à ce moment je suis 160°. Des kinés viennent me proposer un massage, je décline, je n’ai pas le temps !! Je laisse ça pour Thomas et sa serviette de plage ;-). C’est parti pour le Marathon, Jacky est à fond lui aussi, il me booste et me crie dessus comme un dingue!! Je pars à fond ! Je pense aux 12h30…. C’est à ce moment-là ou ma tête s’est déconnectée…. Erreur… plus de gestion, je suis grisé par l’euphorie… La course n’est pourtant pas finie… Tour du lac à 13km/h, monté d’embrun en courant, j’arrive à la passerelle toujours à plus de 12km/h. Montée de Baratier Tranquille, Mathilde me récupère dans la descente, ma vitesse à chutée, je cours encore, mais j’ai mal au ventre… 9.jpg
16h23 : Fin du 1er semi en 1h55 avec l’arrivé du 4°, Zamora est arrivé depuis 20 min. Les 12h30 sont encore jouables avec un 2° semi en 2h07 mais je ne me fais pas d’illusion ça ne sera pas possible… surtout que je commence à faire n’importe quoi : au passage devant les WC du matin, je m’arrête à nouveau sans besoin réel, j’y fais une pause pensant que mes maux de ventres passeront ensuite, j’y reste 4min mais je n’en sors pas soulagé pour autant… dommage. Je repars en courant pour faire le tour du lac, je rattrape un pote de Seb, « Steeve » je me cache derrière lui dans ses pas et attend, il est mal aussi ! Arrivé au bout de la digue, au passage sous le pont : je lâche… je marche… je ne veux plus me battre, gros coup de bambou… je me dis c’est foutu….10.jpg Je marche 2km jusqu’au centre d’embrun, je n’y crois plus, toujours avec Steeve. Des passants marchent avec moi et me remontent le moral (très bas à ce moment). Je m’arrête même à la fontaine pour faire le plein de ma gourde… Le débit est très faible par rapport à celui disponible sur les points de ravito, je perds du temps, je le sais mais continu, une excuse pour ne pas marcher ?? Je ne sais pas, je ne réponds plus de mes gestes…. Arrivée en haut, Mathilde est là, elle n’est pas contente, je me fais engueuler ! Mais je sais qu’elle a raison : toutes ces heures, tous ces weekends à m’entrainer…. Tout ça pour ça ? Me promener ? NON ! IL FAUT REPARTIR ! JE N’AI PAS LE DROIT... 11.jpgJe repars en tentant de relancer Steeve aussi, qui est KO, il me dit qu’il voit des étoiles… et reste derrière. J’ai quelques crampes… je crains qu’elles ne m’immobilisent mais ça passe dans la douleur et ça repart ! J’arrive à courir mais je crains le pire pour la suite. Mon petit rythme à 8,5-9 km/h tient.
 
12.jpg17h30 : J’arrive à la passerelle, il reste 12km. Je fais un rapide calcul, les 13h sont encore jouables mais, assez déconné ! Pas de marche autorisée ! Je donne donc à Mathilde qui me suit en VTT sur ce 2° tour la mission de m’empêcher de marcher même dans la montée sur Baratier, je serre les dents, ça tient, ça passe, il faut y croire mais ce n’est pas gagné ! Il reste maintenant les 6 derniers, ça descend. Je ne vais pas plus vite pour autant, les crampes ne sont pas loin, pas de geste brusque ! A 4km de l’arrivée, grosse crise de crampes, je ne peux plus bouger, j’en cri de douleur… un mec me dépanne d’une « sporténine », à ce moment je me dis : tout s’envole, c’est mort, je vais rester bloqué ici… Heureusement ça passe je repars et ne m’arrêterai que sur la ligne d’arrivée.
 
 
13.jpg18h56 : Une dernière frayeur sur la moquette bleue, le speaker annonce que nous passons les 13h de course, ce n’est pas possible, d’après ma montre je suis en dessous, je n’y crois pas mais un gros doute s’installe… Je passe la ligne puis me retourne pour vérifier : OUF, passage de la ligne après 12h56 d’effort en 187° position et un 2°semi en 2h33…, la délivrance !! Je suis mort, je m’installe par terre sur le trottoir et savoure !! Je reste un bon 20min KO assis par terre à contempler le chrono qui défile ! Quel PIED ! Mon objectif des 13h a tenu ! Les personnes de la croix rouge passent régulièrement me voir, mon cas leur fait peur mais je peux encore les rassurer !
 
 
19h30 : J’arrive doucement au ravito en rampant et en m’accrochant aux grilles! Surprise, une pompe à bière ! J’en prends une direct mais une femme de la croix rouge m’en dissuade… que faire ? Je lui promets donc de boire de l’eau en même temps, au final ça passe bien ! Même très bien ! 14.jpg
 
 
Avec du recul je me dis bien sûr que j’aurai pu grappiller quelques minutes sur le marathon sans me faire piéger comme un débutant, en gérant mieux mon effort (j’y étais pourtant préparé, mais bon dans le feu de l’action, cela dérive parfois, ça fait partie de la course….). En y repensant encore, je suis quand même super satisfait de ma Nat et de mon vélo au-dessus de mes espérances alors n’avoir perdu que 20 min sur le total, ce n’est vraiment pas grand-chose comparé à tous les autres aléas que j’aurai pu rencontrer et payer bien plus cher. Embrun c’est dur, très dur, maitriser l’ensemble de la course et très compliqué à réaliser même en étant très entrainé, la course parfaite est quasi impossible, des hauts, des bas il y’en a forcément… A nous de nous entrainer pour que les hauts compensent les bas, je pense que c’est comme cela qu’il faut se lancer sur une telle épreuve.                      Victor
... et un petit clin d'oeil à Mathilde supportrice numéro 1 !.... 
 

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Published by JML54 - dans TRIATHLON
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